//Jetez le filet!

Jetez le filet!

Roma, 9 maggio. 34° Capitolo Generale

Après la Lectio de ce matin, la Meditatio sur les textes du père Eymard, nous pouvons nous introduire à l’ Actio, c’est-à-dire qu’il faut nous poser maintenant la question :  que nous demande-t-il de faire le Seigneur, à nous qui sommes les apôtres et
disciples de ce temps ?

Je crois que les trois scènes évangéliques puissent nous offrir aussi des suggestions que je décrirai brièvement.

Première scène (Jn 21, 1-14) : la pêche miraculeuse et le petit déjeuner avec Jésus

Notre expérience nous rappelle qu’il y a parfois des nuits dans lesquelles rien est attrapé,  ou peut-être que quand rien n’est pris alors c’est la nuit pour nous.

Le Seigneur semble-t-il absent. En effet Jésus n’est plus dans la barque mais sur le rivage.  Le Seigneur, dirait l’évangéliste Luc, est monté au Père et il s’est assis à sa droite. Jean dit : Jésus et sur le rivage et du rivage dirige la pêche de l’Église.

La barque est bien sûr la barque de Pierre, mais Pierre n’est pas celui qui dirige la pêche et jusqu’à quand c’est lui à la diriger rien n’est pris. Voilà le paradoxe : l’Église pêche dans le monde, mais elle ne peut pas gérer la pêche selon les critères du monde.

Chaque fois que le regard des hommes, qui sont dans la barque, se détourne du Seigneur qui du rivage dirige la pêche, rien n’est ramassé.  Comme la mission des disciples recommence sur le lac de Tibériade, dans la Galilée des gens, en tenant le
regard fixe sur Jésus comme fait le disciple bien-aimé, aussi nous est demander de continuer à pêcher sans détourner le regard du Seigneur dans la mer de l’Histoire.

Ce matin là, le petit déjeuner préparé avec du pain et du poisson devient la prophétie du grand banquet qui annonce
chaque fois la venue du Seigneur. 

Seconde scène (21, 15-19) : le dialogue de Jésus avec Simon

Pierre n’est pas content : avec son Maître semble-t-il avoir perdu sa propre identité. Ainsi quand Jésus par trois fois l’appelle par son nom primitif, tout de suite s’ouvre en lui la blessure du triple reniement et il prouve douleur. Mais c’est une douleur
salutaire.

Le Seigneur vis-à-vis de Simon n’est pas indifférent de ce qui est arrivé. Si lui disait tout simplement à Pierre : «N’y pense plus, c’est du passé… » son péché resterait en lui. Le péché reste  jusqu’à quand il n’est pas racheté. Pour quelqu’un la seule façon de garder la paix en soi-même c’est d’oublier son propre péché.  Jésus offre à l’Apôtre la chance de racheter son propre passé coupable, au point que les trois reniements deviennent une triple nouvelle confession d’amour.

Avec Jésus nous sommes rendus capables d’ajouter le signe « + » (plus) sur ce que dans notre vie a été  marqué par le signe « – »   (négatif).

C’est de cette manière que Jésus rallume dans le cœur de Pierre la passion pour la mission, c’est en vertu de cette expérience pascale , de cette renaissance intérieure qu’il peut recevoir du Seigneur la consigne de ses agneaux et de ses brebis.

Jésus ne lui dit pas : « Prendre-les, je t’en fait cadeaux, il sont à toi ! ». Plutôt il lui dit : Je te les confie, je te les délivre, mais il sont à moi ; le troupeau reste à moi ».  C’est une claire invitation à nous aussi : la mission n’est pas avant tout les activités que nous faisons, comme si on avait à convaincre les gens à suivre nos idées, nos initiatives, nos projets.

La mission est d’abord témoignage, un témoignage de celui qui a fait l’expérience d’avoir été pêché par le filet de l’amour de Dieu. La mission devient ainsi l’engagement à continuer à pêcher avec ce filet qui jamais se déchire, un filet avec des mailles fortes et résistantes, tel qu’est l’amour du Père qui veut la vie pour tous les hommes, cet amour que nous célébrons dans l’Eucharistie. Le père Eymard écrit : L’amour n’a qu’une science, qu’un langage, qu’un plaisir, c’est de faire connaitre,
aimer et servir Jésus-Christ en la divine Eucharistie
(PR 149, 11).

Troisième scène (21, 20-25) : le disciple aimé

Enfin, nous avons écouté les mots adressées au disciple que Jésus aimait.  Il ne faut pas être pressés de lier un nom à ce disciple : il est tout simplement le disciple qui  Jésus aime et qui se laisse aimer par Jésus.  D’autre part, y-a-t-il un
disciple que Jésus n’aime pas ?

Il ne s’agit pas de deux vocations distinctes et rôles ecclésiales : les deux disciples semblent-ils plutôt montrer deux visages du vrais disciple.  À Pierre est demandé un amour dans sa dimension de donner la vie pour le Seigneur.  Il existe aussi un autre
martyr, un autre témoignage, celui de demeurer jusqu’à qu’il vienne, jusqu’au retour du Seigneur, comme celui du disciple aimé.

Au disciple que Jésus aime, c’est-à-dire à chacun de nous, est demandé de demeurer jusqu’à qu’il vienne : notre manière d’aimer et de donner la vie pour Jésus sera demeurer en lui, jour et nuit. Père Eymard : Tout homme a un centre de vie et doit en avoir un … un centre de vie est un repos, une demeure d’amour; celui qui met son centre de vie en Jésus-Christ au très saint
Sacrément dirige là toutes ses pensées, toutes ses études, toutes ses vertus; c’est là son trésor parce que c’est là que demeure son cœur
(PR 149, 13).

Il n’y a pas de moyen plus efficace, écrit le père Eymard, pour vaincre l’indifférence qui règne dans le monde. Plusieurs dans l’Église se plaignent qu’il y a beaucoup des problèmes, les gens s’éloignent, la fréquence dominicale diminue … et les problèmes sont comme un vent très fort qui éteint la faible flamme de la foi baptismale et devant lequel nous sommes impuissants !

Probablement vous sera arrivé d’assister à un de ces terribles incendies que durant les mois d’été brulent plusieurs  hectares de bois … en ces cas là, remarquez que le vent n’éteint pas le feu, mais au contraire il l’alimente ! Ceci nous apprend que la question n’est pas liée aux problèmes qui seront toujours présent dans l’histoire du monde et de l’Église, la question est liée plutôt à l’intensité de la flamme, du feu : si nous demeurons dans l’amour du Crist, les problèmes deviendront des défis qui
augmenterons l’intensité de notre témoignage.

2018-11-13T16:24:35+00:00maggio 12th, 2011|Omelie (vedi tutte) >|